Alpes Communiqués

Titre : À Thonon, le Département projette de reprendre la pisciculture de Rives
Thèmes : Environnement
Filtre géographique : Haute-Savoie, Suisse
Date de publication : 15 octobre 2026

À Thonon, le Département projette de reprendre la pisciculture de Rives

Selon Le Dauphiné Libéré et Le Messager, le Département de la Haute-Savoie prévoit d’acheter à l’État la pisciculture de Rives, à Thonon-les-Bains, pour environ un million d’euros, avec une vente annoncée pour 2027. Cette acquisition viserait à maintenir le site en activité, mais elle ne règle ni le coût de sa rénovation, ni son futur modèle de gestion, ni la répartition du financement franco-suisse.

Un équipement ancien au bord du Léman

La pisciculture domaniale de Rives a été créée en 1885, selon le rapport conjoint de l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (IGEDD) et du Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER). Les Archives départementales confirment cette origine et situent l’établissement au 13 quai de Rives, à Thonon-les-Bains. La date de 1892 publiée par Le Dauphiné Libéré diffère donc de 7 années des sources administratives consultées.

Le site produit des alevins de corégone — la féra —, d’omble chevalier et de truite lacustre. Le rapport de 2024 rappelle les objectifs franco-suisses annuels alors en vigueur : 15 millions d’alevins de corégone, 800 000 estivaux d’omble chevalier et 400 000 alevins de truite lacustre, répartis par moitié entre les deux pays.

Depuis 1989, l’exploitation est assurée par l’Association pour la mise en valeur piscicole des plans d’eau en Rhône-Alpes (APERA). Le bâtiment et les équipements restent toutefois propriété de l’État.

Un achat annoncé, une rénovation encore à définir

Le prix d’environ un million d’euros et l’objectif d’une finalisation en 2027 proviennent, à ce stade, des deux articles de presse publiés les 9 et 10 octobre 2026. Aucun acte décisionnel du Département correspondant à cette opération n’a été identifié dans le portail public consulté au 14 octobre 2026.

L’achat ne doit pas être confondu avec la remise à niveau. En 2024, l’IGEDD et le CGAAER citaient un avant-projet estimé à 3,8 millions d’euros : prise d’eau plus profonde et plus fraîche, sécurisation de la production, traitement des rejets et amélioration des conditions de travail.

Avant l’annonce de reprise, trois scénarios avaient été rapportés par l’Association des pêcheurs amateurs du lac Léman français à partir d’un compte rendu de l’APERA : réhabiliter Rives, regrouper l’activité avec l’INRAE ou installer la pisciculture sur un autre terrain à Thonon. Pour le site actuel, trois variantes techniques étaient évoquées : une nouvelle canalisation, un forage profond ou la rénovation de la conduite existante avec refroidissement de l’eau.

Une gouvernance franco-suisse à construire

La mission IGEDD-CGAAER recommandait un désengagement progressif de l’État, une négociation avec le Département et une renégociation de l’engagement des cantons suisses. Elle demandait aussi que plusieurs scénarios soient évalués par une instance plurielle, compétente aux plans technique et scientifique, avant de fixer les espèces cibles, les volumes et le modèle économique.

L’APALLF rapporte pour sa part un engagement du canton de Genève de 1,5 million d’euros, réservé au maintien de l’activité sur le site de Rives, ainsi que des participations encore possibles de Vaud et du Valais.

L’alevinage ne vaut pas preuve de bénéfice écologique

La conservation du site peut répondre à des objectifs halieutiques, patrimoniaux, économiques ou de précaution, sans démontrer à elle seule un gain écologique. L’étude franco-suisse de 2013 estimait que le frai naturel fournissait la quasi-totalité des captures de corégone et que le repeuplement n’en représentait que 1 % à 4 %. Elle constatait une contribution plus forte pour l’omble chevalier, mais aussi une baisse d’efficacité et plusieurs pressions environnementales.

Les données publiées par l’État de Vaud montrent que les pratiques et résultats continuent d’évoluer : pour 2023, les captures franco-suisses totalisaient environ 158 tonnes de corégone, tandis que les objectifs 2021-2025 restaient fixés à 15 millions d’alevins de corégone, 400 000 truites lacustres et 800 000 ombles chevaliers. Le rapport de 2024 invite précisément à réévaluer les objectifs, les espèces et les quantités produites, plutôt qu’à reconduire mécaniquement les anciennes pratiques.

Repères presse

  • 9 octobre 2026 : Le Messager annonce une reprise par le Département pour environ un million d’euros et une étude de rénovation au début de 2027.
  • 10 octobre 2026 : Le Dauphiné Libéré annonce un rachat pour un million d’euros et une vente à finaliser en 2027.

Sources